lundi 27 mars 2017

JE CROIS EN UN SEUL DIEU AVEC RACHIDA BRAKNI (THEATRE DU ROND-POINT)

Je crois en seul dieu
Photo Sonia Barcet

Théâtre

 Dans un décor d'une grande sobriété, dont les variations de gris évoquent l’enfermement d'un bunker de béton armé, Rachida Brakni, dans une tenue que les murs autour semblent absorber, tendant vers la disparition des protagonistes, se tient debout, droite, de profil ou de face dans un premier temps, campant ses trois personnages avec la nuance que seules les grandes actrices sont capables d'imprimer à ce type d'exercice, passer de l'un à l'autre avec finesse, par le jeu d'une intonation, d'une posture, d'un regard et la force du texte. Trois personnages, trois femmes, trois religions différentes. 
Livré avec la régularité d'un litanie, marquant ainsi la mécanique inexorable du mal à l’œuvre dans le conflit israelo-palestien, la pièce peu à peu s'anime, au fur et à mesure qu'approche la catastrophe dès le début annoncée : un l'attentat à Tel Aviv. Sans manichéisme, la pièce démontre que le mal n'est pas seulement d'un côté, qu'il imprègne chaque partie et conduit finalement à la lente déshumanisation de tous, quelle que soit sa position dans le conflit. L'intensité de la pièce tient sans doute en cela : elle se garde bien de prendre position, de faire un quelconque procès. Elle choisit plutôt de décrire la complexité de la situation, aide à l'appréhender à défaut de la comprendre.

Je crois en un seul dieu
photo Sonia Barcet
 
Rachida Brakni m'a ému. C'est une voix, une diction, une force, un talent bouleversant. Je suis sorti sonné de cette pièce, par le texte, ciselé, l'interprétation, immense. Assis à une table du restaurant du Rond-Point avec quelques amis, tentant de recouvrer nos esprits autour d'un verre, j'ai vu Rachida Brakni remonter les marches vers la sortie, légère et souriante, soulagée, ai-je imaginé, d'être parvenue ce soir encore au bout de ce texte. J'ai repris un gorgée de vin et je me suis dit qu'on avait de la chance, en France, d'avoir Rachida Brakni. 

Je crois en un seul dieu
texte de Steffano Massini, mise en scène d'Arnaud Meunier, avec Rachida Brakni
jusqu'au 9 avril au théâtre du Rond-Point.

vendredi 24 mars 2017

LA BARBE !


Je suis, comme tout le monde (difficile d'y échapper, comme de s'en désintéresser), le feuilleton politique (suspens, trahisons, rebondissements, incertitudes, bassesses... House of Cards, sans le talent de Kevin Spacey) de ces présidentielles dans les journaux, à la radio. Mais pas à la télévision. je n'en ai pas. Je n'ai donc pas suivi les débats télévisés, ni l'émission politique d'hier soir sur France 2 dans laquelle Fillon a une fois de plus crié au complot. Je le comprends. Moi aussi, j'ai une tendance à la mauvaise foi et lorsqu'un de mes livres marche moins bien que les autres j'accuse d'abord l'éditeur, puis la presse et enfin les libraires avant de me remettre en question. C'est un lent processus que je connais bien, depuis l'enfance : déjà alors, quand j'avais une mauvaise note, je disais que le professeur, comme ses collègues qui avant lui avaient sévèrement noté mon travail, ne m'aimait pas, qu'il m'en voulait. Bref, je criais au complot. Mais je sais, quand ce travers me reprend, que tôt ou tard j'arrêterai de me voiler la face, que je me remettrai en question, puis au travail. Le candidat LR y arrivera-t-il ? Il me fait penser à ma fille (qu'elle me pardonne cette association) qui, lorsqu'elle avait quatre ans, après avoir mangé tous les chocolats se trouvant à sa portée sur le sapin de Noël, nous disait : "C'est pas moi c'est le chat". Aujourd'hui encore, l'anecdote des chocolats de Noël nous fait rire. Je ne sais pas si nous pourrons rire un jour de l'histoire de Fillon. 
Je m'égare. Je n'ai pas la télé disais-je. Pourtant, je connais Karim Rissouli. Je sais qu'il est commentateur politique. J'ai donc du mal à imaginer que l'emploi par Jean-François Mancel, député LR, du terme "barbu" pour le qualifier, ou plutôt tenter de le disqualifier, dans un tweet soit le fruit du hasard. En moins de 140 signes, Jean-François Mancel a rabaissé encore un peu plus le niveau de cette élection. Sans compter que je me sens blessé dans ma condition de barbu. Le terme deviendrait péjoratif ? Heureusement, je m'appelle Jean-Claude. Au pire, on sous-entendra  que je suis un hipster. 

lundi 20 mars 2017

SALON DU LIVRE DE PARIS

Ou plutôt Livre Paris comme on dit maintenant...




Livre Paris, cela ne veut pas dire grand chose. Et contrairement à ce que ce nom, pondu par une team de marketeurs, semble dire, il y aura plusieurs livres. Au pluriel donc. En fait, il faudrait arrêter les salons du livre pour organiser des salons des auteurs. Mettre le créateur au centre, organiser des tables rondes, des débats, des échanges, des conférences, etc. et, en marge, vendre des livres. Pas le contraire. 
Bref, si vous passez dans le coin, arrêtez-vous, ne serait-ce que pour discuter un peu. Et si vous y tenez je pourrai saloper le livre que vous aurez acheté (même si ce n'est pas le mien) avec un petit mot sympa ou un joli dessin, au choix. 
Rendez-vous dimanche prochain de 17h30 à 18h30 sur le stand Arthaud/Flammarion !